LES CANARIES

 

 Bon d’accord peut être pas un canari mais un oiseau jaune…. quand même.

A l’heure ou j’écris ces lignes je suis déjà de retour à Dakar après être passé par la case Siné Saloum (3 semaines)…..je suis donc très en retard…..

Je reprend….la marina de Lanzarote, Arrecife plus exactement….je dois y passer en principe  une semaine voir un peu plus avant de descendre vers Dakar.

Raymond m’annonce qu’il ne veut pas continuer le voyage, ses affaires l’appellent ……bon allez je reste 15 jours de plus histoire de savoir si je continue avec un nouvel équipier ou bien seul.  Et puis l’ile est bien agréable, la population bien qu’active est paisible, bars à tapas, terrasses et douce température,  elle mérite qu’on s’y attarde.

Le port est constitué principalement de bateaux de voyage. Panneaux solaires, éoliennes, on vient à Lanzarote pour en repartir. Ambiance vagabonde.

L’ile de Graciosa vue de Lanzarote

L’ile est résolument orientée vers le tourisme qui semble être sa source de revenu principale.

On y vend son climat mais aussi son étrange paysage volcanique. Une bonne partie de l’ile est un véritable chaos de roches de laves acérées. Une route aménagée traverse ce panorama lunaire.

Pas de source de vie apparente, pas d’animaux, pas un seul moustique, pas d’oiseaux (j’ai pas vu de canaris, arnaque….) Quand on pense qu’il ne pleut pratiquement pas…..et pourtant un peu plus loin….ça pousse.

Lichens mais aussi de la vigne. Bel acharnement des hommes contre une nature hostile pour la rendre cultivable.

Murs de morceaux de lave taillés, cratères qui protègent en profondeur les cultures et récupèrent l’humidité nocturne. De la vigne en l’occurrence.

Une poudre de sable de lave noire recouvre la terre érable.  J’imagine qu’il s’agit, là encore, de retenir l’humidité.  

Et tout ça pour fabriquer principalement quoi ? ….du vin, dont le fameux el Grifo.

Voilà c’est tout pour aujourd’hui….plus tard les rencontres aux canaries….

Vers les Canaries

Mon problème électrique me retarde d’une journée…attente de l’électricien..un peu en retard.  Cela suffit pour laisser passer une bonne fenêtre météo. Il faut attendre encore deux jours avant de pourvoir partir dans de bonnes conditions.

Traverser le détroit de Gibraltar est délicat. Il faut franchir un rail autoroute à cargos, choisir la bonne marée car les courants y sont forts, passer de la méditerranée à la houle de l’atlantique. Ulysse n’a pas osé, par peur des cargos sans doute.

Le Jour du départ, sur le rocher, s’accroche depuis trois jour un nuage noir.

Je longe la côte et compte traverser le rail à Tarifa. La houle qui se lève est de plus en plus forte et surtout d’amplitude courte , il faut aller chercher plus loin la sortie ou l’amplitude de la houle est plus large. On peut maintenant la prendre par le travers…zou on y va…..viser la queue d’un groupe de cargos, passer derrière le plus vite possible avant que le groupe suivant ne rapplique, une fois pour un sens de circulation , une fois pour  l’autre. Heureusement le vent s’est levé dans la bonne direction , au portant (vent arrière), Ouffenfin bat des records de vitesse 7 noeuds. Wouaaa !!!!!…. 4 heures plus tard, à la nuit tombante le rail est passé, la traversée vers les Canaries commence. Ouff… enfin!

 5 jours. Alternance de jour et de nuit, périodes « houleuses » et plus paisibles. Paresse active, rêveries la tête dans les nuages le jour, dans les étoiles la nuit.

Nuages : des dessins extraordinaires :  têtes fantomatiques, dragons, animaux extraordinaires se font et se transforment au fil du temps qui passe.

et la récompense, la terre qui émerge de l’horizon. LANZAROTE.

 

gibraltar suite

Surprise !…..

La Famille JOMIER, Clémence, Antoine et leurs  4 gars viennent rendre visite. Leur bateau est juste à coté.

ça bouge dans tous les sens, court, descend, remonte, ficelle et tricote le bateau..

« Dis Clémence tu fais comment pour les prendre en photo ? »

« en mode rafale »

« ah !comme les dauphins »

« c’est ça comme les dauphins »

Leur site : http://www.inspirations-levoyage.com/

Rencontre : 

DANIEL. Nous le croisons sur le rocher, il est en voiture et nous propose de nous ramener à Alcadeidesa au port.

 

Ce que je sais de lui : il est Italien, habite en Suisse et s’amuse de tout ce qu’il voit.

Il est « coiffeur voyageur » : C’est à dire qu’il travaille quelques mois dans son salon de coiffure en Suisse et part en voyage le plus souvent  possible quelque part sur la planète.

Une particularité étonnante; lors de ses voyages,  il coiffe gratuitement la population locale, comme ça, pour faire des rencontres. Il raconte avoir coiffé deux jours durant à cuba tous les gens d’un quartier. Autour de sa prestation une fête  s’est organisée.

A Medellin en Colombie au milieu d’une place,  il coiffe gratuitement tous les enfants qui se présentent, fait payer les adultes pour une petite somme et redistribue les sous récoltés aux enfants.

COIFFURES SANS FRONTIERES est né.

Nos voisins de ponton :

A bâbord JENNIFER et GUILLAUME

Leur bateau un first 35 s’appelle Carabosse. Ce qui est singulier c’est que depuis Les Baléares nous suivons exactement les mêmes étapes, on s’aperçoit de loin seulement. Nous avons fait escale aux mêmes endroits au mêmes moments. Devenus voisins nous faisons  enfin connaissance.

Ce que je sais d’eux : Ils ont pris un an et demi d’année sabbatique pour faire un tour de méditerranée et de l’atlantique. Parti depuis le mois d’avril de La Grande Motte ils voyagent déjà depuis 6 mois et viennent de Grèce.

Bien entendu ils prennent la même route que OUFF.

Attention…. vous allez assister au départ « sportif » de Carabosse.

Faut dire que nos deux amis sont gênés dans les manœuvres par un pas d’hélice pas délice,  capricieux quoi, en gros le bateau ne leur obéit pas vraiment en marche arrière, il faut s’organiser.

Tambour…..

On descend du bateau.

 

On pousse, pivote…

HOP !

Hé ! Guillaume..faut monter là !

Alors t’en dis quoi !                                            hein !

Hasta luego !

SYMANIA : Notre voisine à tribord

Ce que je sais d’elle : Symina est Turque. Elle voyage en solitaire depuis la Turquie, ce qui est déjà un exploit. Elle est partie pour un tour de l’atlantique avant un  retour chez elle en Turquie. Déterminée, plus que dynamique elle carbure aux boissons énergisantes. Pas féministe (c’est elle qui le dit) elle milite pour la reconnaissance de la femme Turque et se montre en exemple.

 

Départ pour les Canaries…seule à bord.

 

GIBRALTAR

Du 21 septembre au 22 septembre traversée vers Gibraltar

Début de traversée sans histoire, paisible. Navigation sous voile. En prime, à la tombée de la nuit des dauphins nous accompagnent en jouant avec l’étrave. (Promis, je vais en faire un extrait vidéo). Bref, entre voile, coucher de soleil et dauphins, un poncif de navigation comme dans les blogs.

Le lendemain la navigation est moins idyllique, plus de vent portant, tout de face, donc…moteur.  A l’approche du détroit les courants sont contraires et forts. Cela soulève du clapot, Ouff. n’avance plus, on se traine et on se fait chahuter. Je me détourne vers la cote pour éviter le gros du flux qui descend de l’atlantique tout proche, ça marche on avance mieux.

Ouff enfin ! Le rocher de Gibraltar au bout de l’étrave.

Après avoir slalomé, évité quelques gros cargos pas cool, Ouff. s’amarre a  Alcaidesa, port du coté de la frontière Espagnole de la ville de la Línea. Moins cher, plus calme que les marinas de Gibraltar.

ALCAIDESA ET GILBRALTAR

ALCAIDESA est le port principal de la ville frontière La Linea de la Concepcion avec Gibraltar. Beaucoup moins riche que sa voisine, on n’y vit pas moins a l’heure espagnole avec bien être au rythme des bars à tapas. (un peu gras la bouffe quand même)

à l’ombre du temps.

                                                                                        

Et nous sommes en Andalousie ne l’oublions pas

GIBRALTAR

A Gibraltar la vedette c’est lui, le macaque berbère dont on ne sait pas trop bien comment il est parvenu là. Les singes sont juchés tout au haut du rocher et l’on se ruine en téléphérique pour aller leur rendre visite.

singe moi…… 

papouilles et grattouilles

Gibraltar est possession du Royaume-Uni depuis 1704, Le territoire a une superficie de 6,8 km².

Un tout petit territoire vraiment très bien protégé par les postes frontières, des deux cotés, munissez vous de vos passeports.

Après la frontière il faut traverser la piste d’atterrissage. Allez ! vite…vite….personne ne traine…va savoir pourquoi.

Pour arriver en Angleterre….. sans le smog….quoi que….

La preuve en images.

Ouffenfin il est là au fond….

 

DE CARNON A GIBRALTAR SUITE

Du   9 septembre au  10 septembre traversée vers une des baies au nord d’Ibiza. Cala de Portinax.

 

Au moins une journée de voile comme on les aime.                          Raymond rit

Au portant…ce ne sont pourtant pas encore les Alizés.

Arrivée au mouillage dans la baie.

L’eau du bain est à bonne température, nager autour du bateau et sous le bateau plein de poissons rigolos qui te regardent. Super.

 Mais aussi, restos pizzas,  quincailleries de plage, hôtels, dancings, immeubles de vacances, musique tard dans la nuit, industrie vacancière.

 

Du 12 septembre au  13 septembre traversée vers Cartagena.

Descente le long de la cote d’Ibiza. Superbes découpes de roches tout au long.

Ensuite une nuit un peu difficile, le moteur ne charge plus, il faut barrer pour arriver à Cartagena afin d’économiser  la batterie. Problème électrique en perspective  à résoudre au port.

Arrivée de nuit dans le port de Cartagena ouf…enfin ! 

CARTAGENA

Christophe montre son doigt.


 

A Cartagena, fier de son passé,  on entretient l’ancien.

Une ville paisible avec ses rues piétonnes,  étroites et bien protégées du soleil. Tapas and co.

A l’extérieur de la ville, je suis surpris par l’aridité  du climat, des terres.

Jean Paul notre voisin de Ponton. Généreux, Jean Paul nous offre spontanément ses services. Il me conduit en voiture faire mes courses dans une grande surface, un Carrefour local.

Ce qui je sais de lui :  Il est Français et vit 6 mois de l’année sur son bateau à Cartagena. Méditerranéen, très loquace, enthousiaste,  Il a des amis partout dans la ville et sur le port. Il nous fait connaitre une petit resto local de pêcheurs « muy tipico »

Il raconte que, sur son bateau, Terranga,  un Mélodie , il a tenté par deux fois de partir pour un tour du monde à l’envers. Une première fois il casse sa bôme, il revient pour la réparer. Il  repart plus tard et renonce une deuxième fois à la suite d’ennuis techniques. Il décide finalement sagement de s’installer à Cartagena a demeure. C’est quand même avec mélancolie qu’il raconte son histoire. Il m’offre une manille de son bateau que je n’arrive pas à trouver dans les boutiques du port. « Comme ça il y a une partie de mon bateau qui va aller au Sénégal » sourit ‘il.

Une petite frayeur pour sortir de Cartagena, l’hélice se prend dans une pendille. Ouff. bloqué, en suspend de voyage. (la pendille c’est une corde qui plonge dans l’eau et maintient le bateau en ligne face au ponton)  Raymond plonge et démêle. Ouffffffffff!!!!!!!

Du 18 Septembre au 19 Septembre : traversée vers Almérimar.

Raymond barre

Au lever du jour nous découvrons une  cote recouverte de feuilles de plastiques blancs. Ce sont les industries maraichères de l’Espagne qui se trouvent là. Il semble que pas un seul m2 d’espace ne soit pas utilisé par une serre.

ALMERIMAR

 

Une étape sans grande surprise. Une marina qui semble avoir été crée uniquement dans le cadre d’un programme immobilier touristique. On me dit que 80 pour cent de la population est étrangère. Beaucoup d’allemands et d’anglais ont choisi de s’établir ici pour leurs retraites. Les bars à tapas imitent les pubs irlandais.

 

 

de Carnon à Gibraltar

 

Le 4 septembre 2014

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Le 4 septembre à 16 h 43minutes et quelques secondes Ouffenfin quitte le port de Carnon.

A son bord Raymond,  son accordéon et moi même  direction le Sénégal.Nous emportons à bord pour le compte de Voiles Sans Frontières (VSF) une valise dentaire (qui contient le nécessaire pour ouvrir uncabinet dentaire) ainsi qu’un flotteur  Argo à déployer sur un point géographique précis en mer.

Raymond et son accordéon

Raymond et son accordéon

Une réunion des trois bateaux en partance a été  organisée par VSF dans le port de la Grande Motte deux jours auparavant.

Pour en savoir plus:

http://www.voilessansfrontieres.org/wordpress/depart-de-la-flotte-mediterranee/

ouffenfin et Carine     

Les deux monocoques Ouffenfin et Carine. Une réunion autour du cata de la famille Joumier.

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Prendre livraison des Balises

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Les balises sont prêtes à embarquer, Gwenaëlle nous en explique le fonctionnement. TIC ! TAC ! TIC ! TAC !…écoute Nicolas. GLOUP ! GLOUP ! entend Michel….

P1120072 (un journaliste curieux….)

Dernières informations, recommandations,  explications de Michel.

                                                                                      

Joss et Fanch, soutiens inconditionnels de VSF entourent Nicolas en partance.        Retour Carnon, Sébastien à la  barre.

Du 4 au 6 Septembre traversée et atterrissage dans la baie de Formel, aux Baléares sur Minorque.

Une traversée de 48 h sans soucis particuliers. Pas de vent, (ou de face)donc peu de voile et beaucoup de moteur. Il fallait s’amariner…c’est fait. Un « gros » poisson à bien voulu se faire prendre, steaks et cuisine vapeur pendant  4 jours, le reste …..en conserve.

Ouffenfin dans la baie

Accueil dynamique et généreux de Xavier sur son zodiac. Tout sourire Xavier, il s’efforce de parler Français, je m’applique à parler Espagnol, le bateau lui plait nous sommes très vite amis.

Ce que je sais de lui :

Xavier vient de Barcelone et travaille 4 mois de l’année. Il place et ordonne les arrivées des bateaux dans la baie. Le reste du temps il vit sur son bateau, un petit 7 m attaché un corps mort où il passe l’hiver. Pas de Ponton : « tu sais YanYacke (Jean Jacques) l’hiver ici il y a 40 nds de vent, au ponton ça cogne, tandis que sur le corps mort, le bateau il risque rien…nada »

Il rêve de voyage et compte bien s’acheter un bateau plus grand.

Nous devions partir mardi….pas de gasoil pour faire le plein….Xavier se prend la tête entres les  mains, lève les yeux au ciel, il est désolé pour nous, en attendant il nous dépose en voiture à Mahon pour une fête…extraordinaire. Une parade de chevaux au milieu de la foule tout à fait étonnante.

Merci Xavier.

 

La fête des chevaux à Mahon

Un spectacle surprenant :

Des files de cavaliers sur des chevaux parés attendent leur tour, au bout de la rue, une place bondée de monde. Au fur et à mesure de leur entrée sur la place les chevaux se cabrent au milieu de la foule, avancent  sur leurs pattes arrières,….. pas de panique, les chevaux retombent sur leurs pattes sans incidents. Impressionnant.

Une rue de Formel  ….. tourisme vous dites ?